Cycle « Contes Merveilleux »
ou
Le Beau et le Bien comme un espoir

Illustration par Margretta Grigorova
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La nuit pleurait doucement à l’autre bout du ciel. Et voici qu’elle ressentit soudain un léger frôlement d’amour. Elle fixa son regard dans la direction du souffle chaud. La nuit vit sur la colline un chat gris, au pelage râpé. Il l’appelait. Elle comprit qu’elle devait répondre à son appel, c’est ce que lui dictait son cœur. |
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Pour montrer sa reconnaissance, la mer lui envoya alors un nouveau vent qu’elle réservait seulement à ses amis, un vent magique. Il était doux comme le duvet d’un cygne et mordant comme une grève couverte de coquillages écrasés. Il ressemblait à l’amitié. Il transformait les pleurs en éclats de rire et muait la joie en chagrin. Il avait le pouvoir de réaliser n’importe quel rêve et d’étouffer tout désir. Beaucoup le redoutaient. Les âmes faibles craignent les enchanteurs : qui peut affirmer que tous leurs actes sont vraiment bienveillants ? Mais le moulin n’en eut pas peur, |
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La nouvelle maison aura un maître. C’est elle qui doit le choisir. Le choix est une chose difficile. Le choix fait peur, il trouble. Il y a des maisons frivoles qui offrent leur toit au premier venu : s’il leur déplaît, elles le mettent à la porte et en prennent un nouveau. Et cela se poursuit continuellement. D’autres payent leurs erreurs toute la vie. Elles supportent un maître désagréable, négligent ou cruel, bien que leurs piliers grincent douloureusement. |
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Il y avait aussi une jeune fille à laquelle cette ville lugubre était devenue insupportable. Elle rêvait de routes menant loin du royaume de la grisaille. Un jour, elle trouva le courage de partir. Elle s’éloignait de la ville, marchait à travers la plaine verdoyante, cueillait des fleurs et ses doigts emprisonnaient les fils argentés des toiles d’araignée. |
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La lune rousse et ronde, tel un fruit exotique enchanteur suspendu dans le ciel du Nord, éclairait les songes du petit Haan, le grisait avec le parfum suave des villes espagnoles. . . Les rêves de Haan étaient comme des vaisseaux fantômes immatériels, fendant les flots d’un bleu intense, lancés à la recherche de terres vierges, inexplorées, sous les lueurs pâles de la Croix du Sud. Mais les frêles caravelles de ses rêves venaient se briser contre les falaises imprenables de l’impossible : il n’y a plus de terres inexplorées, il était venu trop tard au monde. |
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Mais la montagne ne souhaitait pas être comme les autres. Ceux qui ne veulent pas ressembler aux autres sont peu nombreux, si peu nombreux qu’on les croit hautains, présomptueux et sait-on quoi encore. À juste titre parfois. L’important, c’est de savoir pourquoi et en quoi on veut être différent des autres. |
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La jeune fille tendit ses mains, paumes ouvertes, vers le ciel. Elle appela les astres comme les paysannes appellent leurs poules pour les faire picorer. Et une pluie d’étoiles répondit à son appel. Elles venaient se poser sur la carte de l’Astrologue, y laissaient des petits points lumineux, puis miroitaient sur les paupières, les mains, la poitrine de la jeune fille, avant de s’envoler de nouveau au ciel. |
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Les fleurs s’envolèrent au loin, comme des oiseaux. Avec désespoir, le lézard suivit du regard leur vol. Un doux rayon d’automne caressa ses prunelles éteintes. Il vit alors le charme de la montagne, entendit le ruissellement clair de la source. . . Il baissa la tête et courut, haletant, après les fleurs. Il grimpait dans l’herbe sèche, gravissait les monticules des fourmilières, prêtait l’oreille au conseil du vent. . . |
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Le ramoneur n’entrait jamais dans une maison sans y être convié. À travers les conduits des cheminées, il savait percer les secrets de chaque foyer et deviner à l’odeur et à la couleur de la fumée le feu qui réchauffait les cœurs des propriétaires. |
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